LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Le voyage du président russe vise à afficher la ténacité de son partenariat, mais trahit l’anxiété de Moscou face au récent rapprochement sino-américain.
À peine Air Force One envolé que la Chine déroule le tapis rouge pour l’Iliouchine de Vladimir Poutine, surnommé le « Kremlin volant », ce mardi 19 mai. Après avoir tenu tête à Donald Trump à Zhongnanhai la semaine dernière, Xi Jinping accueille dans la foulée son « vieil ami » russe, en position de force dans le triangle mouvant Washington-Moscou-Pékin, secoué par le Moyen-Orient.
Sur les pas du trublion de l’Amérique d’abord, cette visite d’État de deux jours vise à afficher la solidité du « partenariat sans limite » scellé face à l’Occident par les dirigeants en 2022, mais consacre aussi l’ascendant du géant chinois face à un Kremlin anxieux du pas de deux sino-américain.
Il s’agit de la vingt-cinquième visite en Chine de Poutine, a rappelé la diplomatie chinoise, pointant un déplacement presque de routine sous le signe la connivence stratégique entre deux dirigeants qui se sont rencontrés à plus de quarante reprises. Alors que Trump était le premier président américain à fouler le sol de l’empire du Milieu depuis près d’une décennie, son homologue russe était aux premières loges sur la place Tiananmen, à la droite de Xi, le 3 septembre dernier, lors d’un spectaculaire défilé de l’armée populaire de libération (APL), aux avant-postes d’un front anti-occidental. » | Par Sébastien Falletti correspondant en Asie | mardi 19 mai 2026
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