LE FIGARO : ENQUÊTE - Longtemps présenté comme un pays de modération civique, le Royaume-Uni voit surgir une colère populaire de plus en plus violente contre l’immigration, unique en Europe. Entre faits divers meurtriers, scandale des grooming gangs, sentiment de déclassement et percée de Nigel Farage, le pays accuse ses élites d’avoir trahi le contrat national.
Belfast, Southampton, Glasgow, Londres, du nord au sud du royaume, du cœur de l’Angleterre à l’Irlande du Nord, court régulièrement une vague de colère. À chaque crime commis par une personne d’origine étrangère, la rue s’enflamme et les manifestations se muent parfois en violentes émeutes. Cette protestation musclée est la face spectaculaire d’un rejet de « l’immigration de masse » chez une partie grandissante de la population britannique. Un phénomène d’une ampleur inédite en Europe.
Partout, les slogans se ressemblent ou se répondent. « Nous ne nous soumettrons jamais », disent les banderoles brandies dans les rues de Glasgow, après l’attaque au couteau perpétrée à Belfast la semaine dernière par un réfugié soudanais. « Résistons à cette nouvelle attaque d’envahisseurs contre notre peuple », exhorte Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon -, la figure de proue de la nouvelle extrême droite anglaise. « Justice pour Henry », scandent les manifestants de Southampton, en écho à la mort de Henry Nowak, ce jeune étudiant menotté par la police alors qu’il agonisait, après avoir été accusé à tort d’injures racistes par son meurtrier, un sikh. » | Par Arnaud De La Grange, correspondant à Londres | mercredi 17 juin 2026
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