MADAME FIGARO : La canicule fait bien plus de dégâts qu’un simple coup de chaud. Kévin Jean, épidémiologiste en santé environnementale à l’ENS Paris, revient sur tout ce qu’on sous-estime encore.
Trois canicules en deux mois, et un bilan de juin qui donne déjà le vertige. Selon Santé publique France, la seule semaine caniculaire du 22 au 28 juin a enregistré 2025 décès de plus que la semaine précédente, avec une hausse particulièrement marquée à domicile de 91%. Et ce vendredi 10 juillet, 72 départements sont à nouveau en vigilance orange, avec des températures prévues entre 36°C et 41°C. Kévin Jean, épidémiologiste en santé environnementale à l’École normale supérieure de Paris, et auteur de À notre santé ! (1), détaille ce que ces épisodes répétés provoquent vraiment dans le corps, à court, moyen et long terme.
Le corps en surchauffe
Pour comprendre ce que la canicule fait directement au corps, il faut regarder la température interne autour de laquelle le corps humain est calibré pour fonctionner, qui avoisine les 37°C. Quand la chaleur extérieure monte, l’organisme tente de la réguler mais au prix d’un certain coût. « Le corps met en place des mécanismes de thermorégulation. D’abord la vasodilatation, c’est-à-dire que le cœur envoie plus de sang vers la surface de la peau pour assurer plus d’échanges thermiques. Cela a une influence sur l’activité cardiaque : le cœur doit pomper plus parce qu’il envoie du sang dans des vaisseaux plus larges. Et la sudation, qui s’ajoute à ce phénomène : elle peut contribuer à une déshydratation qui rend le sang plus visqueux, encore plus dur à pomper », explique l’épidémiologiste. » | Par Tiphaine Honnet | samedi 11 juillet 2026
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