LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Donald Trump avait promis de gagner à nouveau des guerres. Le premier conflit qu’il dirige, contre le régime iranien, vient s’ajouter à la longue liste des guerres américaines s’achevant par une impasse.
La première guerre de Trump ressemble aux autres aventures militaires américaines. Après les sables de la Mésopotamie et les montagnes d’Afghanistan, le détroit d’Ormuz tourne à l’impasse stratégique pour les États-Unis. Donald Trump, qui avait accusé ses prédécesseurs d’avoir entraîné l’Amérique dans des « guerres sans fin », se voit à son tour empêtré dans un conflit sans issue au Moyen-Orient. Si les États-Unis n’ont pas perdu beaucoup de soldats, les opérations étant restées jusqu’à présent aériennes et navales, la consommation astronomique de munitions atteint des niveaux préoccupants. Et, surtout, la puissance américaine donne de nouveau signe de ses limites, les États-Unis restant réticents à rouvrir par la force le détroit à la navigation. Comme les conflits précédents, la guerre d’Iran a commencé par des succès éclatants avant de se transformer en un frustrant match nul. Elle soulève de nouvelles questions sur les capacités stratégiques d’une superpuissance qui gagne toutes ses batailles, mais n’a plus remporté de guerre depuis 1945.
« Nous devons recommencer à gagner des guerres », avait promis Donald Trump peu après son entrée en fonctions, en février 2017. « Quand j’étais jeune… tout le monde disait qu’on n’avait jamais perdu une guerre, vous vous souvenez ? » « Mais aujourd’hui, nous ne gagnons plus jamais de guerre. On ne se bat plus pour gagner. Soit on gagne, soit il ne faut pas se battre du tout. » Son élection avait été portée par l’échec des guerres du 11 septembre 2001. Face aux autres candidats qui avaient soutenu l’aventure irakienne, Trump avait dénoncé cette « belle, grosse erreur ». Une fois élu, il avait soigneusement limité ses engagements militaires. Il avait poursuivi la campagne aérienne contre l’État islamique, commencée par Obama, dont il a revendiqué la victoire, et bombardé Bachar el-Assad après son usage d’armes chimiques, ce que son prédécesseur n’avait pas osé faire. Il avait ordonné des raids ciblés contre al-Baghdadi et Qassem Soleimani. Mais il avait prudemment renoncé à frapper l’Iran dans le golfe Persique après la destruction d’un drone américain. » | Par Adrien Jaulmes, correspondant à Washington | jeudi 9 juillet 2026
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