LE FIGARO : Chers lecteurs,
Viktor Orbán est tombé dimanche 12 avril, après seize ans de règne sur la Hongrie. Déterminé à mettre en œuvre le « changement de régime » qu’il a promis, Péter Magyar s’active déjà : il a ouvert des discussions avec Bruxelles pour tenter de débloquer les fonds européens gelés, demandé la démission du président Tamás Sulyok, proche du pouvoir sortant, et réglé ses comptes dès sa première apparition sur les médias publics : « Ce qu’il s’est passé ici depuis 2010 aurait fait saliver Goebbels et le dictateur nord-coréen ».
Magyar ne s’opposera pas non plus au prêt européen de 90 milliards d’euros à Kiev. Rien d’étonnant pour celui qui faisait scander à ses partisans « Ruszkik haza ! » - « Les Russes dehors ! » Ce slogan, hérité de l’insurrection antisoviétique de 1956, l’inscrit dans une mémoire nationale anti-russe qu’Orbán avait brouillée par sa proximité avec Moscou. Là où le premier ministre sortant avait fait de la Russie un partenaire de long terme et du veto hongrois une arme contre Bruxelles, son successeur entend renouer avec l’Union européenne. » | Par Rémi Monti | samedi 18 avril 2026
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