LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Marginalisé par l’accord entre Washington et Téhéran, le premier ministre israélien tente de préserver son image de chef de guerre. Mais ce choix, largement soutenu par l’opinion israélienne, menace de devenir le principal point de friction avec la Maison-Blanche.
Le dossier libanais continue d’empoisonner l’accord américano-iranien. Les dernières frappes israéliennes sur le Liban du Sud ont conduit la délégation iranienne à annuler au dernier moment sa venue en Suisse pour signer le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran, censé ouvrir soixante jours de négociations vers un accord plus durable.
Car si Benyamin Netanyahou a perdu la main sur le dossier iranien, le premier ministre israélien, en difficulté politique à quelques mois des élections, tente de la garder au Liban. Alors que Donald Trump veut transformer son accord avec Téhéran en victoire diplomatique, Benyamin Netanyahou défie son parrain américain en poursuivant ses bombardements contre le Hezbollah au Liban. Vendredi, les frappes israéliennes ont causé au moins 18 morts selon le ministère de la Santé libanais, tandis que quatre soldats israéliens ont été tués par le groupe armé chiite. Le premier ministre israélien a affirmé que ses troupes resteraient dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire. »
Depuis la signature du mémorandum d’entente, le front libanais concentre toutes les ambiguïtés du moment. Sur le papier, Washington veut obtenir une désescalade régionale : suspension des hostilités, relance du dialogue nucléaire, stabilisation des fronts liés à l’Iran – dont le Liban. Sur le terrain, Israël entend conserver une liberté d’action complète contre le Hezbollah, qu’il accuse de reconstruire ses capacités militaires au sud du Litani. » | Par Stanislas Poyet Correspondant à Jérusalem | vendredi 19 juin 2026
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