LE FIGARO : GRAND RÉCIT - Les souverains du Royaume-Uni ont affronté des crises spectaculaires et des pics d’impopularité, mais la monarchie a surmonté toutes les épreuves et conservé, jusqu’ici, le soutien de l’opinion.
L’affaire Epstein éclabousse la monarchie britannique et s’approche dangereusement du trône. L’ex-prince Andrew, fils préféré de la défunte reine Elizabeth II, a été arrêté, spectaculaire déchéance. Le roi Charles III s’efforce de préserver l’image et le crédit de la couronne auprès de ses sujets. Or cette préoccupation, qu’on pourrait croire récente et liée à l’ère des médias de masse, parcourt en réalité toute l’histoire de la monarchie britannique depuis la fin du XVIIe siècle.
La «Glorieuse Révolution» de 1688-1689 a vu la chute du roi catholique Jacques II, souverain de la dynastie des Stuart qui avait succédé aux Tudor en 1603. Le protestant Guillaume d’Orange, venu des Pays-Bas (qu’on appelait à l’époque les Provinces-Unies) lui succède. C’est la victoire définitive du Parlement sur les prérogatives du roi, après des siècles de lutte entre ces deux institutions. Le Bill of Rights (1689), Déclaration des droits du Parlement et des sujets, expose les nombreuses obligations constitutionnelles du monarque. Ce dernier est toujours, «par la grâce de Dieu», roi de ce qui s’appelle depuis 1801 le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. Toute autorité politique, administrative et judiciaire émane de lui et s’exerce en son nom. Gardien de la Constitution non écrite du royaume, le souverain reste omniprésent dans les actes officiels. Drapeau vivant, c’est à lui que les officiers prêtent serment. C’est en son honneur que les sujets entonnent les paroles de l’hymne God Save the King. Dans l’ordre spirituel, il demeure le gouverneur suprême de l’Église anglicane, nomme les évêques et les ministres du culte lui jurent obéissance lors de leur ordination. » | Par Guillaume Perrault | dimanche 1 mars 2026
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