LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Ouagadougou dénonce les « ambitions néocoloniales » et l’« impérialisme » supposés de Paris pour justifier sa décision.
Les relations entre la France et le Burkina Faso étaient glaciales depuis des années. Elles sont désormais inexistantes. Vendredi, Ouagadougou a officiellement rompu ces liens diplomatiques avec Paris avec effet immédiat. Le communiqué a moins fait l’effet d’une surprise que d’une confirmation alors que les échanges entre les deux pays étaient devenus froids, voire acrimonieux. L’ancienne amitié s’est muée en une solide hostilité depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré après un coup d’État en septembre 2022. La junte, prenant exemple sur le régime militaire malien, a fait d’un souverainisme tatillon le cœur de sa politique, réprimant les voix critiques et s’en prenant à un « Occident » accusé de tous les maux, et à la France en particulier. Comme d’autres dirigeants du Sahel, « IB » a choisi en réaction de se rapprocher de la Russie et de tourner le dos aux « valeurs » occidentales perçues comme corrompues.
Face à ce mouvement d’humeur, Paris a choisi de réagir a minima. Disant « regretter » une « décision hostile et sans fondement », le quai d’Orsay n’y a vu qu’une illustration de « la dérive préoccupante des autorités burkinabè ». Les « mesures de réciprocité qui s’imposent sont en cours d’examen ». » | Par Tanguy Berthemet | mercredi 1 juillet 2026
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