LE FIGARO : RÉCIT - Initialement menée au nom du peuple iranien, la guerre n’a fait qu’aggraver ses conditions. Et le deal annoncé ce dimanche est perçu par la société civile comme une véritable trahison.
Une guerre pour rien ? Alors que Téhéran et Washington crient mutuellement victoire à l’issue de l’annonce de l’accord, un sentiment d’amertume flotte aujourd’hui sur Téhéran. « Beaucoup de choses ont pris fin, sauf notre douleur, notre souffrance et nos blessures. Les rêves et les espoirs ont brûlé et ne reviendront plus », se désole un internaute, à travers les mailles d’un internet encore capricieux, mais qui refonctionne peu à peu.
Près de quatre mois après le début des frappes israélo-américaines sur l’Iran, le bilan de ce conflit sans précédent est largement mitigé : si les bombardements ont permis d’éliminer le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, et son cercle militaro-politique rapproché, ils n’ont pas abouti à la chute escomptée du régime. « Beaucoup de gens considèrent que la mort de Khamenei et des commandants des gardiens de la révolution a été une aide, ou du moins un moment de joie pour un peuple qui, depuis 45 ans, n’avait connu que l’oppression et pensait que cette injustice ne prendrait jamais fin », estime la gérante d’un restaurant, contactée par WhatsApp dans une ville du sud de l’Iran. « Mais la plupart des gens sont aujourd’hui tiraillés : à la fois soulagés par la capitulation de la République islamique et préoccupés par la crise qui va découler de la guerre », poursuit-elle. » | Par Delphine Minoui | lundi 15 juin 2026
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