Monday, June 01, 2026

« La prochaine crise sera celle de l’obéissance » : l’armée israélienne de plus en plus influencée par les mouvements messianiques

Cette capture d'écran provient de cet article. | Des étudiants israéliens ont récité une prière à l’académie de Torah pré-militaire Elisha, près de Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 26 mai 2026. Kobi Wolf/Le Figaro

LE FIGARO : ENQUÊTE - Dans les académies prémilitaires nationales-religieuses, les écoles d’enseignement hébraïque et le rabbinat militaire, un courant radical a patiemment gagné du terrain. Pour les soldats qui en sont issus, la guerre, la terre et les missions de combat ont un sens religieux. Au point de parfois contester le commandement de Tsahal.

Dans les collines du centre de la Cisjordanie occupée, le rabbin Yitzhak Nissim reçoit avec un sourire affable. Depuis vingt-huit ans, il dirige la méchina Elisha, une académie prémilitaire nationale-religieuse où de jeunes Israéliens se préparent à intégrer des unités combattantes de Tsahal. L’entraînement physique y est quotidien, mais l’essentiel se joue dans les salles de cours : sionisme religieux, Talmud, halakha... « Notre rôle est de fournir un enseignement religieux et idéologique », assume-t-il.

Sur les murs, les portraits des rabbins Abraham Isaac Kook et Haïm Druckman rappellent la filiation idéologique de l’école : un sionisme religieux pour lequel le retour des Juifs sur la terre d’Israël, l’État et l’armée s’inscrivent dans un processus divin. Ici, le soldat ne se contente pas de défendre l’État. Il prend place dans une histoire religieuse, où la souveraineté juive, l’armée et la conquête de la terre participent d’un même processus de rédemption. « Nous réalisons aujourd’hui ce que nos pères ont rêvé. Ce n’est pas notre seule vision, c’est celle du peuple juif », argumente le rabbin Nissim. » | Par Stanislas Poyet à Jérusalem, Tel Aviv, Neve Tsuf (Cisjordanie occupée) | lundi 1 juin 2026

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