LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Deux ans et demi après l’arrivée au pouvoir de Javier Milei, la stabilisation macroéconomique tarde à se traduire dans les portefeuilles. À Buenos Aires, rencontre avec les gagnants discrets et les perdants silencieux d’un pays encore dans le doute.
« Forte augmentation du coût des aliments ». À Palermo, au nord de Buenos Aires, les téléviseurs des cafés tournent en boucle sur l’évolution de l’inflation qui frappe le portefeuille des Argentins. L’indice des prix est un sujet de préoccupation au quotidien, décortiqué au comptoir et débattu en toutes situations. À la manière du trader qui suit les cours de la Bourse, l’Argentin scrute en direct le moindre soubresaut de l’économie nationale. Les prévisions tablent sur une inflation de 2 % sur le mois de mai et un taux annuel qui avoisine les 30 %.
La lutte contre l’inflation était le principal cheval de bataille de Javier Milei, élu président, fin 2023. Le mandat que lui avait confié l’électorat était clair : redresser les comptes de l’État et éviter la catastrophe, symbolisé à l’époque par la chute des cours du peso, la monnaie nationale. Sur ce front, l’expérience de la tronçonneuse, des coupes massives, est une réussite. Alors que l’hyperinflation menaçait, du temps du gouvernement péroniste d’Alberto Fernandez (2019-2023), les indicateurs macroéconomiques semblent assainis avec une inflation contrôlée, un excédent budgétaire et un peso renforcé. Suffisant pour parler d’un miracle argentin ? La réalité du quotidien est plus nuancée, car marquée par une perte globale de pouvoir d’achat et un net recul de l’activité en février, de 2,1 % par rapport à l’année dernière. » | Par Fabien Palem, à Buenos Aires | mardi 2 juin 2026
Réservé aux abonnés
L’expérience anarcho-capitaliste de Javier Milei était téméraire dès le départ ! Elle était vouée à engendrer le chaos dans l’économie et à causer la misère au plus grand nombre, même si elle pouvait profiter à une minorité. Ce que les politiciens d’aujourd’hui semblent oublier, c’est qu’une économie bien gérée et efficace doit œuvrer pour le bien de tous les citoyens, et non pour celui d’une poignée de privilégiés. Cela signifie que les décisions judicieuses et sensées sont souvent le fruit d’un compromis. À quoi sert, au final, une nation si l’élite s’enrichit considérablement tandis que le peuple souffre et meurt de faim ? — © Mark Alexander
