LE FIGARO : RÉCIT - Le ministre de la Guerre continue de mener une sourde lutte contre la hiérarchie militaire, et se heurte régulièrement aux médias qui questionnent sa vision triomphale du conflit.
Le secrétaire à la Guerre est sur la défensive. Alors que la guerre d’Iran a muté en une épreuve de force économique et que la victoire totale annoncée tarde à se matérialiser, Pete Hegseth apparaît de plus en plus isolé, et sa gestion souvent conflictuelle du Pentagone contestée. Les limogeages d’officiers généraux ou de hauts responsables ont continué en pleine guerre sans autres explications que le déplaisir de Hegseth. Peu d’informations émanent du plus important ministère américain au milieu d’un conflit qui a déjà entamé les stocks de munitions critiques, et contribue à l’augmentation considérable de ses dépenses. Devenu l’un des visages publics d’une guerre impopulaire, Hegseth continue de bénéficier du seul soutien qui compte, celui de Donald Trump. Mais sa position n’est pas des plus solides au sein d’un cabinet où la faveur présidentielle peut se perdre rapidement.
Les mises à l’écart d’importants responsables militaires et civils, qui avaient commencé dès la prise de fonctions de Pete Hegseth, ont continué, alimentant le malaise au sein du Pentagone. La mise à l’écart du général Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre, démis de ses fonctions le 2 avril dernier a été critiquée, y compris parmi les républicains au Congrès. Cet officier unanimement respecté, aux états de service impeccables, s’est vu congédier sans explications. Selon les sources citées par les médias américains, le général George se serait opposé à une décision de Pete Hegseth de rayer du tableau d’avancement plusieurs officiers, notamment des Noirs et des femmes. Le secrétaire à la Défense, qui a rebaptisé son poste secrétaire à la Guerre, mène depuis sa nomination une politique visant à mettre fin aux mesures de discrimination positive, qu’il qualifie de « woke » et qui, selon lui, réduisent l’efficacité des forces armées américaines. » | Par Adrien Jaulmes, correspondant à Washington | mardi 5 mai 2026
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