LE FIGARO : REPORTAGE - La capitale ukrainienne a subi l’une des plus violentes attaques russes depuis le début de la guerre avec plus de 90 missiles dont l’hypersonique Orechnik, l’une des armes les plus létales employées par Moscou.
Il est 1 heure du matin quand les premières explosions résonnent dans le ciel de Kiev. Des détonations perçantes, plus féroces encore que le bourdonnement des drones Shahed. La Russie déploie cette nuit ses missiles balistiques pour frapper Kiev. Six Iskander interceptés en deux minutes, annonce la défense antiaérienne - sonnant le début d’une nuit de terreur. À 3 heures, puis à 5 heures, de nouvelles salves déchirent l’air, entrecoupées par les explosions de la défense antiaérienne. Informés par les chaînes Telegram, les habitants attendent une accalmie pour se réfugier dans le métro. Au pied des escalators de la station Universytet, à 80 mètres sous terre, des centaines de riverains, couchés sur des tapis de sport, emmitouflés dans des sacs de couchage, somnolent en attendant l’aurore.
La nuit de samedi à dimanche a été l’une des plus éprouvantes pour les habitants de Kiev depuis le début de la guerre. Plus de 90 missiles russes, dont des balistiques, et 600 à 700 drones ont été lancés sur l’Ukraine, presque exclusivement vers la capitale. Deux personnes sont décédées selon le bilan provisoire, et près de 80 hospitalisées. Avec le jour, les détonations ont laissé place aux sirènes des ambulances. Dans le quartier très central de Shevchenko, non loin de la place Maïdan, les secours tentaient encore dans la matinée de libérer des personnes prises au piège d’une école effondrée au-dessus de leur abri. Ensommeillés par la nuit blanche, les habitants, certains en savates, d’autres en pyjama, sortent des bouches de métro, serrant sous le bras oreiller ou duvet. » | Par Elisabeth Pierson, Kiev | dimanche 24 mai 2026
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