Au mitan de son mandat présidentiel, Javier Milei se trouve dans une situation paradoxale. Deux ans après son élection, il est plus puissant politiquement qu’il ne l’a jamais été, ce qui devrait lui permettre de continuer à dérouler son programme de dérégulation de l’économie argentine afin, comme il le dit lui-même, paraphrasant son mentor, Donald Trump, de « Make Argentina Great Again ». La grande promesse de renouveau de la nation argentine, sur laquelle il a fondé son ascension politique et son élection, en décembre 2023, est toujours au cœur de sa politique. Mais pointe à l’horizon une série de difficultés qui pourraient rendre complexe la fin de son mandat. Elle est prévue pour décembre 2027 : le temps lui est compté.
Le président libertarien a été porté par une victoire inattendue aux élections législatives d’octobre 2025 : elle lui a permis d’obtenir une solide majorité à la Chambre des députés, où son parti, La Libertad Avanza, regroupe 95 sièges et peut compter sur le soutien des 22 élus du Pro, le parti de la droite conservatrice et libérale. Il a aussi pu renforcer sa position au Sénat, sans pour autant parvenir à y obtenir une majorité nette.
Cette victoire dans les urnes a probablement été facilitée par le soutien, sinon l’ingérence, de Donald Trump dans la campagne électorale de l’automne dernier. Fin février, elle lui a permis de faire définitivement adopter par le Sénat sa réforme du travail : un texte de 218 articles introduisant une forte dose de flexibilité dans un système hérité de l’époque péroniste, datant du milieu des années 1970, et que cet économiste estimait totalement inadapté à la réalité du marché du travail contemporain. Considérée comme irréalisable du fait du poids des syndicats, la réforme est passée sans qu’ils ne parviennent à bloquer le pays. » | Par Guillaume de Dieuleveult, envoyé spécial à Buenos Aires | vendredi 24 avril 2026
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