LE FIGARO : Après avoir misé sur le soutien de Trump en toutes circonstances, la première ministre italienne cherche à prendre ses distances, poussée en cela par une opinion publique de plus en plus remontée contre la Maison-Blanche.
Seul leader en Europe à avoir été invité à l’investiture du président américain, Giorgia Meloni, ainsi que son entourage, a longtemps mis en scène sa « relation privilégiée » avec Donald Trump. Ils croyaient dur comme fer que l’Italie, « de nouveau respectée », était ainsi devenue une vraie puissance géopolitique qui comptait sur la scène internationale. Lors de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier, Meloni s’était précipitée, avec un zèle unique en Europe, pour saluer le caractère « légitime d’une intervention défensive ». Et, surtout, aucun chef de gouvernement en Europe ne s’était autant compromis lorsque, répondant à une question sur les conditions mentales du président américain, elle avait répondu qu’elle « espérait bien qu’on pourrait lui donner le prix Nobel de la paix s’il parvenait à résoudre la guerre en Ukraine ». Bref, soutenir Trump en toutes circonstances était considéré comme une stratégie gagnante.
« Ce positionnement pris par tous les chefs de gouvernement en Italie était très bien accepté par les Italiens, explique Lorenzo De Sio, expert du comportement des électeurs à la Luiss, parce qu’il s’inscrivait dans la relation profonde de l’Italie avec les États-Unis, qui lui assuraient sa sécurité, et permettait de donner un poids supplémentaire au pays vis-à-vis de ses partenaires européens. » D’ailleurs, en Italie, seule la gauche, dans son rôle d’opposant, dénonçait la « servilité de Giorgia Meloni vis-à-vis de Trump ». » | Par Valerie Segond, Rome | lundi 6 avril 2026
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