LE FIGARO : RÉCIT - À Yaoundé, le pape a ouvert mercredi la seconde étape de son périple africain par une leçon politique peu diplomatique.
À peine Léon XIV a-t-il posé le pied au Cameroun, où il a été accueilli très chaleureusement mardi après-midi, qu’il est entré dans le vif du sujet face aux autorités publiques qui le recevaient avec les honneurs. Il les a appelées à « la transparence dans la gestion des ressources publiques et au respect de l’État de droit ». Il leur a demandé un « examen de conscience » pour un « saut qualitatif courageux » et une « conduite de vie intègre » de façon « à briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité ». Il a également recommandé de « libérer le cœur de cette soif de gain qui est une idolâtrie ». Il parlait en présence du président Paul Biya, 93 ans, doyen des chefs d’État dans le monde, au pouvoir depuis 1982 et réélu en octobre dernier à l’issue d’un scrutin contesté et émaillé de manifestations réprimées dans le sang. « La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’Homme », a ajouté le pape.
Le ton était toutefois donné pour ce séjour de trois jours dans ce pays bigarré souvent appelé « l’Afrique en miniature ». On y parle 250 langues à travers 200 ethnies, avec une forte présence musulmane au nord (20 % de la population), catholique (29 %) et protestante (20%) dans le reste du pays. De fortes violences agitent la partie anglophone dans le Nord-Ouest du Cameroun en raison de poussées séparatistes qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés depuis près d’une décennie. Léon XIV célébrera une messe dans cette zone jeudi à Bamenda. » | Par Jean-Marie Guénois | mercredi 15 avril 2026
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