LE FIGARO : REPORTAGE - Trente-six médecins, infirmiers et ambulanciers ont été tués depuis la reprise de la guerre contre le Hezbollah.
Le cratère béant qui entaille le centre médical de Bourj Qalaqwiye, village du Sud-Liban, crachote encore des filets de fumée noire éparse. Il ne subsiste du bâtiment qu’un fragile squelette de colonnes dévorées par les flammes et quelques murs suspendus à des tiges métalliques. Sous les pas trébuchants de Mohamed Mheri, représentant d’une localité voisine, les gravats crissent, entremêlés aux seringues et aux registres médicaux calcinés. Sa lente procession s’arrête devant une longue tache brune, étirée sur la chaussée : « Voilà tout ce qu’il reste de mon ami, résume-t-il, le visage terni par le chagrin. Du sang. »
Mohammed Maatouk, 40 ans, infirmier volontaire auprès de l’Autorité sanitaire islamique, une association de protection civile affiliée au Hezbollah et agréée par les autorités libanaises, a été tué ici, vendredi 13 mars, à 20 h 43, peu après l’heure de l’Iftar. Il venait d’allumer une chicha lorsqu’une roquette israélienne s’est écrasée sur le toit du bâtiment. Douze des treize médecins, infirmiers et secouristes présents sur place sont morts sur le coup. Le nombre de victimes du corps médical s’élève à 36 depuis la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah, allié de l’Iran au Liban. Un chiffre qui rappelle les heures sombres du précédent conflit, entre 2023 et 2024, où près de 163 médecins et secouristes avaient péri sous les feux de l’artillerie israélienne. » | Par Manon Chapelain | Envoyée spéciale à Bourj Qalaqwiye (Liban) | lundi 16 mars 2026
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