MADAME FIGARO : PORTRAIT.- Diplomate et féministe, tantôt admirée, tantôt épinglée pour son train de vie excessif, la princesse iranienne fut tout sauf une princesse docile. Partie en exil à la chute du régime de son frère, elle survécut à une tentative d’assassinat avant de mourir en 2016.
L'Iran est à feu et à sang. Depuis la mort d’Ali Khamenei à la suite des frappes israélo-américaines, le samedi 28 février, le pays se divise davantage. Il y a ceux qui pleurent ce dernier, Guide suprême du régime islamique, et ceux qui, libérés, appellent plus que jamais au renouveau et au changement. La jeunesse iranienne n’a d’ailleurs pas attendu cette attaque pour descendre dans les rues et contester ses conditions de vie. Le 28 décembre dernier, l’image d’une jeune manifestante, immortalisée sous un ciel noir, les cheveux détachés, brûlant du bout de sa cigarette le portrait du chef, avait suffi à cristalliser cette rébellion. Dans ce pays de 90 millions d’habitants, dont la moyenne d’âge est de 32 ans, selon Le Figaro, l’espoir d’un nouveau dirigeant se concrétise enfin. Un nom circule d’ailleurs depuis longtemps dans les cortèges : celui du prince Reza Pahlavi, dit «Reza II», exilé aux États-Unis depuis plus de quarante ans. À 65 ans, il est l’héritier de la dynastie Pahlavi, qui régna jadis sur le pays, et qui se voulut plus moderne et progressiste. Son père, Mohammad Reza Pahlavi, était le dernier chah d’Iran, dont le pouvoir a été renversé en 1979 au profit de la République islamique.
Mais derrière la figure du fils, c’est aussi toute une mémoire monarchique qui refait surface. Et, dans son sillage, le souvenir d’une femme ressurgit — sa tante, morte en 2016 — comme une ombre portée sur les manifestations et sur les femmes d’Iran: Ashraf Pahlavi, sœur jumelle dudit chah déchu Mohammad Reza Pahlavi, et pionnière, bien que controversée, de la cause féminine en Iran. » | Par Léa Mabilon | lundi 2 mars 2026