MADAME FIGARO : RECIT - Le 21 octobre 1966, le village d’Aberfan vivait une immense tragédie. L’effondrement d’un terril provenant d’une mine de charbon provoqua la mort de 144 personnes dont 116 enfants. Ce mercredi, le roi Charles III, la reine Camilla et le prince William s’y sont rendus pour rendre hommage aux disparus.
« L’école à disparu, l’école a disparu ! » Ce matin du 21 octobre 1966, Dave Evans était loin de se douter que ces mots annonçaient une terrible tragédie. « Un voisin a frappé à ma porte ; il était dans un état épouvantable tremblant comme une feuille. Il voulait utiliser mon téléphone pour appeler les pompiers, car une maison de Moy Road s’était effondrée. Pendant que nous parlions, une femme est passée en courant en criant : “L’école a disparu, l’école a disparu”. J’ai couru dans la rue et j’ai été stupéfait : les maisons de Moy Road étaient complètement écrasées », raconte l’habitant du village d’Aberfan à la BBC, se souvenant de l’amas de gravats sombre qui ensevelissait les habitations. À l’extérieur de sa maison, des bruits se font entendre : des cris d’enfants. Il ne les oubliera jamais. Soixante ans plus tard, ce glissement de terrain, provenant de la mine locale, qui a causé la mort de 144 personnes dont 116 enfants, hante encore les esprits. Pour commémorer la mémoire des personnes ayant péri lors de cet événement, aujourd’hui appelé la catastrophe d’Aberfan, le roi Charles III, la reine Camilla et le prince William se sont rendus, ce mercredi 21 octobre, dans le petit village situé au sud du Pays de Galles.
La brume d’Aberfan
Emmitouflés dans leurs manteaux ce matin-là, les 240 élèves de l’école primaire Pantglas, à Aberfan, bravent le froid pour se rendre en cours. Mais la fine pluie et l’épais brouillard humide qui entourent le village gallois, dans lequel vivent 8000 mineurs de charbon et membres de leur famille, n’empêchent pas les jeunes filles et garçons de se réjouir : ils attendent avec impatience les vacances scolaires qui doivent débuter l’après-midi même. À 8h50, l’institutrice Mair Morgan sonne la cloche pour marquer le début des cours et les enfants se dirigent vers leurs classes. Un peu plus tôt ce matin-là, les ouvriers se mettent en route vers l’immense mine de charbon qui surplombe le village d’Aberfan. À 7h30, les mineurs travaillant sur le terril numéro sept, un tas de déchets de charbon accumulés lors de l’exploitation minière, d’une hauteur de 33 mètres et d’un volume de 229.366 mètres cubes, découvrent qu’il est saturé en eau et devenu extrêmement instable, en raison des récentes intempéries. L’immense terril commence à glisser. » | Par Leonie Dutrievoz | jeudi 22 octobre 2026
