LE FIGARO : ANALYSE - La nouvelle volte-face américaine ne permettra vraisemblablement pas de mettre fin à la guerre. Mais elle pose de nouveaux défis à l’Ukraine et à ses partenaires.
Chassez le naturel, il revient au galop. Pour la troisième fois depuis l’invasion, après l’humiliation du Bureau ovale en 2025, puis la tentative quelques mois plus tard d’imposer, à Anchorage, avec Vladimir Poutine, une mauvaise paix à l’Ukraine, Donald Trump s’allie avec l’agresseur pour sacrifier la victime sur l’autel de ses intérêts économiques à court terme. Et Vladimir Poutine, maître espion qui a fait de la manipulation l’une de ses spécialités, utilise l’inconstance et la superficialité stratégique du président américain pour tenter d’obtenir par la diplomatie ce qu’il ne peut arracher sur le terrain, où ses troupes tombent sans réussir à avancer. Il utilise la faiblesse de Donald Trump, qui voit s’approcher les élections de mi-mandat avec un prix à la pompe trop élevé pour lui assurer une victoire, afin de gagner du temps.
Cette nouvelle « trahison » prouve encore que Donald Trump a davantage d’empathie, de respect et d’intérêts communs avec l’autocrate russe, dont les mains sont rouges du sang ukrainien, qu’avec Volodymyr Zelensky, le président d’un pays attaqué pour avoir choisi le camp de la démocratie et de la liberté. Mais si l’on met de côté la morale, les principes démocratiques et le droit international, dont Donald Trump n’a cure, l’accord d’exportation de diesel entre les États-Unis et la Russie risque fort d’être un leurre. Pas seulement parce que certains experts doutent de la capacité de la Russie, dont les raffineries sont mises sous pression par les frappes ukrainiennes, à apporter le répit électoral dont Trump a besoin. Mais surtout parce que, comme le dit un responsable ukrainien, « il ne mettra pas fin à la guerre, car, même à terre, les Ukrainiens résisteront ». » | Par Isabelle Lasserre | dimanche 11 octobre 2026
Réservé aux abonnés
