LE FIGARO : ENQUÊTE - À Lyon, la multiplication des restaurants italiens fait grincer des dents. Rentables et à la mode, ils bousculent une gastronomie locale en quête de renouveau.
Il y a comme un goût de tomate dans la sauce gribiche. À Lyon, capitale de la gastronomie, près d’un restaurant sur dix propose désormais des spécialités italiennes. Un chiffre gonflé par les snacks pizzeria qui reflète toutefois un engouement sans précédent pour la cuisine transalpine. Assez pour faire mauvais genre dans la patrie des bouchons et de Paul Bocuse. Si l’on ne croise pas de bouchons en Italie, comment expliquer cette prolifération d’adresses italiennes à Lyon ?
Depuis l’installation de Carmelo, propriété du groupe parisien Big Mamma, en 2020, les trattorias et pizzerias de la botte se multiplient comme des pâtons et font le plein dans la capitale des Gaules. Le mois dernier, Casa Nobile a quitté son pas-de-porte historique de la Presqu’île pour s’installer en face dans l’ancien hôtel des ventes où elle propose désormais 250 couverts. Antonio e Marco, une autre institution locale, compte désormais sept trattorias dans la ville et se démultiplie en franchise. De plus grands groupes ont décidé d’investir le créneau. À l’image de IT, qui investira d’ici la fin 2026 un espace de 2400 m2 pour créer son IT Villaggio.
Des restaurants à la décoration soignée, dans la lignée de ceux inventés par le groupe Big Mamma, prisés pour leur côté « instagrammable ». « S’il y a toujours eu à Lyon des restaurants italiens qui ont très bien fonctionné, il y a aujourd’hui un phénomène Instagram indéniable. Notre but, c’est que de la cuisine au service le client vive une expérience italienne », promet Antonio Morreale. Un style italien « à la française », qui n’existe pourtant presque pas en Italie où les trattorias et osterias affichent une apparence parfaitement rustique. Rompant avec la tendance générale, Jean Lonobile a lui choisi de conserver cette décoration classique dans son nouvel écrin de 900 m2 : « J’ai 65 ans vous savez, donc pour moi c’est ce qui compte, ce n’est pas la photo mais que vous vous régaliez ». » | Par Justin Boche, Antoine Sillières, Le Figaro Lyon | dimanche 26 juillet 2026
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