LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Suite à une frappe sur un pétrolier saoudien, les rebelles houthis imposent un blocus naval à Riyad en mer Rouge. Après Ormuz, verrouillé par Téhéran, un second goulet d’étranglement se referme sur le brut saoudien.
En mer Rouge, tout s’est noué en une dizaine de jours. Les rebelles yéménites houthistes ont pris prétexte de bombardements menés par l’Arabie saoudite contre l’aéroport de Sanaa, sur fond de dispute autour d’un avion iranien, pour frapper en riposte l’aéroport d’Abha, première attaque visant le sol saoudien depuis 2022. Lundi, ils ont décrété un « blocus naval » contre le royaume. Jeudi, ils sont passés à l’acte en visant deux pétroliers saoudiens. Riyad a confirmé un incendie à la proue de l’un d’eux. Au moins neuf navires ont fait demi-tour près du détroit de Bab al-Mandab, où le trafic se contracte.
Restés jusqu’ici en marge de la guerre américano-iranienne, les houthistes sont une milice pro-iranienne issue des hauts plateaux du nord du Yémen. Après avoir repris la capitale Sanaa, en 2014, elle est en guerre depuis 2015 contre une coalition conduite par Riyad. À la suite d’une escalade avec les Saoudiens, l’Iran se sert de son allié pour rappeler qu’il possède un autre moyen de pression : le détroit de Bab al-Mandab. Le procédé est rodé : en 2023, après les attaques du 7 Octobre et les bombardements déclenchés en représailles par Israël contre la bande de Gaza, les houthistes avaient déjà harcelé le trafic marchand. » | Par Rémi Monti | jeudi 23 juillet 2026
Réservé aux abonnés