LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Loin des pronostics américains et israéliens, la guerre n’a pas provoqué un effondrement de la République islamique. Elle a, au contraire, favorisé l’ascension de dirigeants plus radicaux, issus des gardiens de la révolution, et peu enclins à négocier.
Ce lundi 13 avril, un gigantesque anneau sous forme de montage photographique a poussé au centre de Téhéran. Une main, sortant de la manche kaki d’un gardien de la révolution, empoigne le détroit d’Ormuz pour empêcher les navires américains de passer. « À jamais entre les mains de l’Iran », prévient un texte en persan, assorti d’un défi au blocus imposé par Washington : « Trump n’a rien pu faire ! » Alors que le président américain menace, en plein cessez-le-feu, de renforcer les sanctions contre le secteur pétrolier iranien, le poster géant est à l’image du nouveau pouvoir iranien : décapité par quarante jours de guerre, mais toujours debout et provoquant. « Donald Trump avait imaginé, à tort, que s’il coupait les têtes, le régime iranien allait s’effondrer. Or, le régime ne s’est pas effondré. Au contraire, il s’est militarisé et radicalisé », relève l’économiste Thierry Coville, chercheur à l’Iris et spécialiste de l’Iran.
Après plus d’un mois de guerre, un constat s’impose : si les frappes israélo-américaines ont sévèrement entamé l’infrastructure politique, économique et militaire du pays, elles sont loin d’avoir désarticulé l’appareil d’État. Tandis que Trump se flatte d’un « changement de régime », évoquant l’émergence d’une nouvelle direction « plus raisonnable », l’élimination du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et de dizaines de hauts responsables a créé un vide aussitôt comblé par un nouveau leadership où les gardiens de la révolution, la branche armée du régime, jouent un rôle encore plus prépondérant. » | Par Delphine Minoui | jeudi 16 avril 2026
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