Saturday, March 07, 2026

L’Iran, 2500 ans d’une histoire violente qui fascine et inquiète les Européens

LE FIGARO : GRAND RÉCIT - L’Iran, une des plus anciennes civilisations du monde qu’on appelait jadis la Perse, a eu un destin très tourmenté, avec une tendance à l’anarchie et aux conflits sanglants.

Peu de grandes nations ont une histoire aussi chaotique que celle de l’Iran. Touchant à la basse Mésopotamie à l’ouest et aux marches de l’Asie centrale à l’est, l’Iran actuel est délimité au nord par la mer Caspienne et au sud par le golfe Persique. De hautes montagnes bordent le plateau aride qui forme le cœur du pays et lui donnent l’aspect d’une forteresse. Au-dessus de la Caspienne, les monts Elbrouz sont entourés de forêts denses. À 66 kilomètres de Téhéran, le mont Demavend est le point culminant du Moyen-Orient avec ses 5 612 mètres. Les monts du Zagros, en outre, traversent le territoire sur plus de 1 000 kilomètres, du nord-ouest au sud-est. Le centre de l’Iran lui-même comprend deux déserts. La majorité de la population vit donc sur les flancs des montagnes qui l’entourent.

Dès la fin du IIe millénaire avant J.-C., des Indo-Européens, venus de qui s’appellera plus tard l’Ukraine, la Russie du Sud et la Sibérie occidentale, s’installent par vagues sur le plateau iranien. Ils se nomment «Aryens», mot qui signifie «Nobles». Iran veut dire, à l’origine, le pays des Aryens. D’autres peuples indo-européens (Cimmériens, Scythes, Mèdes, Perses), occupent plus tard des territoires de cette même région.

Au VIe siècle avant J.-C., Cyrus le Grand unifie Perses et Mèdes, puis fonde un gigantesque empire qu’il conquiert par étapes, et son fils après lui: Babylonie, plateau anatolien, cités grecques d’Asie mineure, Syrie, Liban, Judée, Egypte, Soudan, Cyrénaïque et même, aux autres extrémités de ses possessions, le Caucase, les actuels Ouzbékistan et Tadjikistan de même que l’Afghanistan et le Pakistan jusqu’à l’Indus. Le Cha-in-Chah (roi des rois ou «roi de la totalité») autorise les Hébreux, jusqu’alors en captivité à Babylone, à rentrer chez eux. Et il fait reconstruire le grand temple de Jérusalem. Aussi étonnant que cela paraisse pour un Français, de nos jours, les partisans, dans le pays, d’une monarchie constitutionnelle veulent voir dans ce fait historique très lointain un argument en faveur d’une bonne entente entre Iraniens et Juifs, qui aurait été une tradition jusqu’à la conquête de l’Iran par les Arabes au VIIe siècle de notre ère. Les Iraniens aiment invoquer l’histoire à l’appui de choix politiques et stratégiques actuels. » | Par Guillaume Perrault | samedi 7 mars 2026

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