LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Donald Trump, qui veut s’approprier le Groenland, avait annoncé un «accord-cadre» après un échange avec le secrétaire général de l’Otan. Un non-sens au regard du droit international, comme l’a rappelé la première ministre danoise, qui a toutefois annoncé des discussions entre Nuuk, Copenhague et Washington.
Mette Frederiksen n’a pas volé son surnom de dame de fer danoise. Mercredi, Donald Trump annonçait que ses discussions avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, avaient permis de déboucher sur un «accord-cadre» sur le Groenland. Dans la foulée, la presse a rivalisé d’hypothèses sur le contenu possible de ce «deal» : révision de l’accord de 1951, octroi de bases militaires souveraines à Washington, «Dôme d’or» ? Jusqu’à ce que la première ministre danoise ne rappelle fermement l’essentiel : l’Otan ne peut en aucun cas négocier au nom du Danemark ou du Groenland sur la souveraineté de l’île arctique.
La raison est simple et évidente : l’Otan est une organisation internationale, pas un État souverain. Ses compétences, qui lui ont été attribuées en 1949 dans le traité de l’Atlantique nord par les États signataires, ne permettent en aucun cas à son secrétaire général de passer un accord bilatéral avec le président américain au sujet de la souveraineté d’un territoire. «Si le Secrétaire général (de l’Otan - NDLR) peut exercer une fonction de médiation (...), ses déclarations n’ont qu’une valeur politique» et «ne sauraient produire d’effets juridiques contraignants», rappelle sur X Céline de Roany, professeur de droit international. En d’autres termes, le prétendu «accord-cadre» annoncé par Donald Trump (dont le contenu n’a jamais été révélé), s’il avait jamais existé, serait nul et non avenu. » | Par Eloi Passot | vendredi 23 janvier 2026
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