LE FIGARO : DÉCRYPTAGE - Les deux principaux candidats à l’élection présidentielle brésilienne, dont le premier tour est prévu dimanche, défendent des conceptions diamétralement opposées de la diplomatie.
Le Brésil est à la croisée des chemins. L’élection présidentielle du plus grand pays d’Amérique latine, dont le premier tour est ce dimanche, représente un choix entre deux visions de l’ordre mondial. D’un côté, le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva est un pilier du multilatéralisme, profitant des grandes messes internationales pour rappeler son importance afin de trouver collectivement des solutions aux défis de taille auxquels l’humanité fait face. De l’autre, Flavio Bolsonaro propose un alignement beaucoup plus marqué derrière les États-Unis de Donald Trump, qui prend systématiquement pour cible les organisations internationales et dont la vision du monde s’apparente à la loi du plus fort.
Le choix des près de 160 millions électeurs brésiliens résonnera donc bien au-delà des frontières. « L’élection brésilienne est l’événement géopolitique le plus important du mois d’octobre », selon Feliciano de Sá Guimarães, chercheur au Centre brésilien des relations internationales (Cebri). « Si Flavio Bolsonaro gagne, ce serait vendu par Washington comme une victoire des États-Unis et renforcerait leur position dans l’ordre mondial, en retirant de la scène un critique de l’ordre unilatéral que les Américains essayent d’établir », analyse cet expert. L’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, le Chili, le Pérou et la Colombie ont tous pris un virage à droite ces dernières années, souvent en synergie avec l’administration de Donald Trump. Une victoire de Flavio Bolsonaro permettrait d’ajouter la pièce maîtresse à la collection. » | Par Eléonore Hughes, à Rio de Janeiro | samedi 3 octobre 2026
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