Wednesday, August 05, 2026

« Io sono una donna ! » : Giorgia Meloni, une femme contre les féministes

Cette photo provient de cet article du Figaro. | Giorgia Meloni au Palais Chigi, à Rome, en Italie, le 7 mai 2026 Remo Casilli / REUTERS

LE FIGARO : Sa condition de femme et la manière dont elle l’envisage occupent une place centrale dans le parcours peu commun de la dirigeante italienne, bien qu’elle n’épouse pas la cause des féministes.

Giorgia Meloni a bien failli ne pas naître. Elle confie au tout début de son autobiographie (1) que sa mère, tombée enceinte alors qu’elle avait déjà une fille en bas âge, et que son couple battait de l’aile, fut sur le point d’avorter avant d’y renoncer in extremis. Son compagnon, militant communiste et comptable de profession, disparut du domicile familial deux ans après sa naissance afin de s’installer aux Canaries, où il écopa d’une peine de prison pour trafic de cannabis. L’enfant avait 11 ans lorsqu’elle prit la décision de ne plus jamais le revoir. Elle a grandi dans un univers féminin, élevée par une mère qui gagnait sa vie en écrivant des romans à l’eau de rose, aux côtés d’une sœur dont elle ne s’est jamais éloignée. « Le besoin constant d’être à la hauteur et acceptée dans un environnement surtout masculin, observe-t-elle en référence à sa carrière politique, vient probablement du manque d’amour de mon père. »

Sa condition de femme et la manière dont elle l’envisage occupent une place centrale dans un parcours peu commun. Giorgia Meloni aime à souligner qu’elle a brisé de multiples plafonds de verre en devenant tour à tour la plus jeune ministre, la première chef d’un grand parti national et la première présidente du Conseil de l’histoire italienne. À l’automne 2019, devant ses partisans rassemblés à Rome, elle en tira une anaphore mémorable. « Je suis Giorgia, je suis une femme, je suis une mère, je suis italienne, je suis chrétienne, scanda-t-elle devant un public enthousiaste, et vous ne me l’enlèverez pas ! » Un duo de DJ milanais remixa aussitôt son discours, dont il confia par la suite avoir voulu tourner en ridicule les accents identitaires. L’effet atteint fut cependant l’inverse de celui recherché. Leur morceau, qui fit un tabac sur internet, amplifia brusquement sa notoriété. » | Par Cyrille Louis, envoyé spécial à Rome | mercredi 5 août 2026