LE FIGARO : GRAND RÉCIT - À l’origine simple professeur de mathématiques, il a gravi les échelons de Wall Street grâce à ses multiples relations avec l’élite.
Jamais certifié pour être conseiller financier professionnel, dépourvu de diplôme bien que généreux donateur à l’université de Harvard, manipulateur hors pair, séduisant noceur, proxénète et pédophile sans tabou, Jeffrey Epstein « rendait service » discrètement à ceux qui entraient dans son réseau. Et se faisait rémunérer tout aussi discrètement.
Pour autant, il n’est jamais devenu milliardaire. Peut-être parce qu’il menait grand train et dépensait l’argent plus vite qu’il ne le gagnait ? Son style de vie de multimilliardaire était en fait indispensable à l’entretien d’un incroyable réseau composé de membres à qui il distribuait des faveurs, des conseils, des tuyaux, tout en organisant des fêtes aussi mémorables que délicates à raconter.
Au pic de sa réussite, son patrimoine était proche de 600 millions de dollars. Une misère, comparé à celui de Leslie Wexner, fondateur de L Brands, Leon Black, pilier de Wall Street, ou Elizabeth Johnson, héritière de la fortune du groupe pharmaceutique Johnson & Johnson, auprès desquels il a joué les conseillers financiers.
Propriétaire d’un des plus grands hôtels particuliers de New York, d’une île privée dans les Caraïbes, d’un domaine à Palm Beach (Floride), d’un ranch au Nouveau-Mexique, d’un appartement à Paris, de plusieurs avions dont un Boeing 727 baptisé « Lolita Express », Jeffrey Epstein était tout le temps en mouvement. » | Par Pierre-Yves Dugua | jeudi 5 février 2026
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