LE FIGARO : ENTRETIEN EXCLUSIF - Le prince Reza Pahlavi vit en exil aux États-Unis. Fils du dernier chah et de l’impératrice Farah Pahlavi, il apparaît aujourd’hui comme le principal fédérateur de l’opposition aux mollahs. Héritier d’une dynastie qui a régné de 1925 à 1979, il porte un projet démocratique et d’union nationale pour son pays.
Il laisse rarement son téléphone loin de lui. À l’écoute permanente des manifestants qui affrontent les escadrons de la mort du régime islamique iranien depuis plus de deux semaines, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran décédé en 1980, répond en permanence sur son portable aux nombreux messages qu’il reçoit en provenance d’Iran. Aux cris de « Javid chah ! » (Vive le roi !), à Téhéran, Machhad ou Ispahan, des Iraniens issus de toutes les couches sociales réclament son retour. Ils sont étudiants, médecins, ouvriers, artisans, cadres ou simples chômeurs. La plupart n’ont pas 30 ans.
Alors qu’ils n’ont pas connu le règne de son père, ils voient dans cet ancien pilote de chasse de 65 ans qui vit en exil aux États-Unis et se déclare « prêt à retourner en Iran », le symbole d’une époque où filles et garçons pouvaient se promener main dans la main dans les rues de la capitale iranienne sans se faire tabasser par la police, et où l’Iran des poètes rayonnait à travers le monde.
La jeunesse iranienne, hyperconnectée, est pragmatique. Elle a compris depuis longtemps que Reza Pahlavi, qui aspire à être le leader de la future transition démocratique, ne veut pas lui imposer le rétablissement de la monarchie. N’a-t-il pas affirmé à plusieurs reprises que seuls les Iraniens choisiraient, via une consultation nationale, le type de régime qu’ils veulent pour succéder à la République islamique ? » | Par Emmanuel Razavi, pour Le Figaro Magazine | jeudi 15 janvier 2026
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