Wednesday, September 16, 2009

Des religieux contre Ahmadinejad

leJDD.fr: En appelant les dignitaires religieux à dénoncer les violences commises par le pouvoir en Iran, le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri s'est une nouvelle fois attiré les foudres de Téhéran. Plusieurs de ses proches ont été arrêtes.

En Iran, l'opposition peut compter sur le soutien du grand ayatollah Hossein Ali Montazeri. Depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la tête de la République islamique, il n'a cessé de donner de la voix, dénonçant notamment la répression des manifestations. Sa dernière prise de position - il a demandé lundi aux dignitaires religieux de dénoncer les procès des manifestants et les violences commises dans les prisons - a d'ailleurs valu des ennuis à ses proches. Selon la presse réformatrice, plusieurs membres de sa famille, dont les trois enfants de son fils, ont été arrêtés.

Depuis la fin des années 1980, le grand ayatollah – rang le plus élevé du clergé chiite -fait figure de premier dissident religieux. L'homme a pourtant participé à la révolution islamique de 1979 et à l'élaboration de la Constitution iranienne, qui instaure, entre autres, la théocratie. Mais s'il croit toujours au fondement même de la République islamique – à savoir que le religieux prime sur le politique – il s'est très tôt montré très critique envers le pouvoir. Choisi en 1985 par l'Assemblée des experts – un collège de 88 religieux chargé de nommer et de révoquer le Guide suprême de la révolution – pour succéder à l'ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique, il a été écarté par Khomeini lui-même, celui-ci n'ayant pas goûté ses critiques sur la répression politique et culturelle. Son successeur au poste de Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, l'a fait placer en résidence surveillée entre 1997 et 2003. Le clergé chiite divisé >>> Marianne Enault, leJDD.fr | Mercredi 16 Septembre 2009