Monday, January 05, 2026

Avec le Venezuela, Gabriel Attal développe une rupture diplomatique

LE FIGARO : L’ancien premier ministre, qui prépare activement sa candidature à l’élection présidentielle, surprend son propre camp en ne prenant pas la défense des règles onusiennes.

Après les images choc de l’intervention américaine au Venezuela, les diplomates du quai d’Orsay ne s’attendaient sûrement pas à des réactions de cet ordre. Voilà Marine Le Pen qui défend que «la souveraineté des États n’est jamais négociable» et Gabriel Attal qui dit aux Européens que «nous n’avons plus les moyens de ces indignations». «Les démocraties doivent retrouver la voie de la force si elles souhaitent que le droit prévale de nouveau», argue l’ancien premier ministre, à la tête du parti présidentiel Renaissance. Si la réaction d’Emmanuel Macron, tout aussi bienveillante avec les États-Unis, a été publiée peu après, elle n’a évidemment pas été concertée avec Gabriel Attal. Les deux hommes sont en froid et leur appréciation de la situation n’est pas régie par les mêmes buts.

En pleine préparation de sa candidature à l’élection présidentielle, Gabriel Attal pose depuis plusieurs mois les jalons d’une nouvelle doctrine diplomatique. Alors que le respect des règles onusiennes reste le mètre étalon des diplomates européens, lui assume de prendre ses distances. «Se satisfaire d’être les derniers à défendre et respecter la Charte des Nations unies, ou encore les règles de l’OMC, c’est sans doute être cohérents avec notre Histoire et fidèles à notre doctrine. Mais c’est surtout être complètement effacés. Le monde, les grandes puissances, ne nous attendent pas, ni à Washington ni même à Pékin», a-t-il écrit samedi soir. » | Par Tristan Quinault-Maupoil | lundi 5 janvier 2026

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