Monday, March 08, 2010

Les jeunes Saoudiennes se jouent de la police religieuse

Un couple se promène sur les bords de la mer Rouge à Djedda. Photo : Le Figaro

LE FIGARO: Conscient des aspirations des moins de 25 ans, majoritaires, le roi Abdallah desserre le carcan.

Au premier jour des vacances d'hiver à Riyad, des bandes d'adolescentes fêtent les congés dans le centre commercial de la tour Faisaliyah, l'un des symboles de la capitale saoudienne avec sa tour de verre en forme de cône. Les jeunes filles rient fort en se tenant par les coudes. Maquillées, les sourcils épilés et redessinés, et surtout tête nue, les cheveux libres sur les épaules, elles représentent un défi aux règles strictes de l'islam officiel, qui ordonne aux femmes de se couvrir la tête de noir et de cacher leur corps sous un manteau informe de la même couleur, l'abaya. Celles des lycéennes sont largement ouvertes, dévoilant jeans et t-shirts à paillettes. Une brise de révolte souffle sur le royaume. Une partie de la jeunesse urbaine supporte de moins en moins les contraintes vestimentaires. Les filles inventent des subterfuges pour éviter l'abaya au quotidien. Dernière astuce en date, la blouse blanche de médecin, tolérée en public, portée par des adolescentes qui n'ont jamais mis les pieds dans un hôpital. Normalement, les mutawas, les barbus de la «Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice», la police religieuse, doivent veiller au grain. >>> Par Pierre Prier | Lundi 08 Mars 2010